La malédiction du gaz de schiste

"De la Pologne à la Pennsylvanie, Lech Kowalski met à jour le fossé entre le discours des industriels et la réalité de l’exploitation du gaz de schiste.

Zamosc, en Pologne orientale : au hasard d’un tournage dans cette région rurale, Lech Kowalski rencontre en 2009 des paysans sur les terres desquels de grandes firmes américaines ont commencé à prospecter pour extraire du gaz de schiste. Fissures dans les murs des fermes, pollution des eaux, bulldozers investissant des champs à quelques dizaines de mètres des habitations… Les villageois sont inquiets. Or cette situation locale n’a rien d’anecdotique et témoigne d’un phénomène qui menace aujourd’hui toute la planète. Bradford County, aux États-Unis, est au gaz de schiste ce que l’Arabie Saoudite est au pétrole. Mais on est loin de l’image idyllique d’une "énergie non conventionnelle" propre et d’exploitation aisée que veulent donner les industriels. Dans ce petit comté du nord-est des États-Unis, le réalisateur filme des paysages dévastés et l’épuisement physique et psychologique des habitants."

"La malédiction du gaz de schiste", est un reportage de Lech Kowalski diffusé sur la chaine Arte en 2013.

 

Sur le même sujet, et si vous avez encore le moral, vous pourrez également regarder "Gasland" :

Josh Fox, américain et réalisateur du documentaire, reçoit un matin la lettre d'une compagnie d'extraction de gaz lui proposant 100 000 dollars contre l'autorisation d'installer sur ses terres des puits de forage. C'est à ce moment là qu'il décide de mener une enquête sur ce phénomène à travers plusieurs états où il rencontrera des gens directement touchés par ces exploitations. Contamination de l'air et des cours d'eau, maladies chroniques ou lésions cérébrales touchant humains et animaux, eau du robinet prenant feu au contact d'une flamme sont quelques uns des maux que nous découvrons ici avec stupéfaction et horreur.
Les compagnies elles, comme à l'accoutumé, déclarent qu'aucune preuve de cause à effet n'est établie, tout en refusant de boire un quelconque échantillon.

Nous noterons que par la suite, en février 2012, Josh Fox fût arrêté lors d'une audience sur la technique de la fracturation hydraulique pour la seule raison qu'il filmait celle-ci. L'interdiction de filmer constitue une entorse au 1er amendement américain sur la liberté de la presse. Sous la pression de 30 000 signataires, toutes les charges qui pesaient contre lui ont été abandonnées.
Josh Fox est par ailleurs inscrit dans la liste des terroristes "Terror Watch List" du Department of Homeland Security pour le seul fait de son activité : filmer.