Brexit : ils sont lâchés

Brexit : ils sont lâchés

Ainsi l'apocalypse frappe aux portes de l'Europe, les marchés s'effondrent, la livre sterling dévisse, les agences de notation sévissent, les anglais sont devenus racistes littéralement du jour au lendemain, les vieux sont des tares, et les moins diplômés responsables de ce tout ceci. Elle a de la gueule cette Europe de toutes les paix, non ?

En tous cas, pour la gueule de bois c'est certain. Et comme après la Grèce, nous observons de quelle démocratie est faite cette union.

A propos de la Grèce, instrumentalisée par Goldman Sachs (ici ou là pour les plus timorés), puis violée pour l'exemple l'été dernier, il est intéressant de revenir sur les déclarations de son pdg à propos du Brexit :

La jeune génération au royaume uni a été sacrifiée, tout ça à cause d'une déformation des faits et des conséquences. D'une manière ou d'une autre ce résultat doit être annulé

 

Que l'on peut mettre en parallèle de ce défenseur éperdu des hautes valeurs qu'est Junker :

junker

Puisqu'il faut bien se rendre à l'évidence du progrès, de la modernité autoproclamée en marche : la démocratie n'a de valeur que si sa résultante est conforme à ceux qui n'en veulent pas.

Et tous les moyens sont bons pour démontrer combien ces misérables peuples qui ne votent pas comme attendu sont détestables. Regardez tout le mal qu'ils font à nos enfants (Necker es-tu là ?). Rendez-vous compte, ces moisis, ces poutinistes (il y avait longtemps que l''on avait pas invoqué Poutine, n'est-ce pas ?), ces xénophobes, ces haineux recuits de "pro-exit" s'attaquent  à nos enfants !

 

Plus aucune limite au story-telling du monde : les enfants passent désormais en première ligne de la non-démonstration par les affects. L'émotion a cela de pratique qu'elle dispense de s'empêtrer dans une diatribe de mots vides de sens pour faire correspondre la réalité aux fantasmes de tous bords.

En matière de réécriture du réel par les fantasmes, il n'est pas inutile de revenir sur ce vote afin d'analyser sa vraie nature qui dévoile à quel point de forfaiture en sont rendus ces politiques et éditocrates qui dénoncent à l'envi chez les autres ce dont ils souffrent précisément eux-mêmes.

Comme nous l'avons tous appris, ce sont les vieux qui ont privé d'avenir européiste les jeunes anglais :

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Source capture écran : les-crises.fr

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Source capture écran: les-crises.fr

 

Cette grille de lecture en témoigne :

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Sauf que même si oublier l'abstention est un sport en vogue cher à nos démocraties, on ne peut éluder ses chiffres si l'on veut être honnête. Mais c'est effectivement au risque de débusquer la désinformation et la manipulation à grande échelle :

referendum_ages_abstention

On pourra consulter sur ce sujet les-crises.fr pour plus d'informations et d'analyses.

Ce qui est donné à voir, à entendre et à lire témoigne de la propagande incessante et forcenée des "dominants" fonctionnant exactement façon miroir. Leurs dénonciations à tour de bras n'étant que le produit de leur propres déviances réactionnaires, de leur xénophobie à spectre large (puisqu'il s'étend désormais au domaine générationnel) et de leur haine sans nuance de la démocratie et des  peuples. L'histoire se répète de manière toujours plus intensive. Mais ce spectacle frappe aussi et encore par ce décalage délirant entre leur monde et le monde réel. Ainsi des milliards auraient été perdus dès les premiers instants de l'annonce des résultats du référendum et dans le même mouvement on évoquait déjà des entreprises sur le départ façon boat-people, tandis que les éternelles inutiles agences de notation s’engouffraient dans la brèche pour revoir à la baisse leurs notes. Y avait-il pourtant eu un changement concret de réalité au lendemain du brexit ? Absolument aucun, les modalités de sortie effective prenant à minima des années. C'est donc au travers de leur propre psychose que ces gens fabriquent de toutes pièces le chaos qu'ils prophétisent, emportant avec eux tous les crédules transits de peur. Et le plus drôle peut-être, c'est que toute cette clique n'a qu'une constante : celle d'être toujours dans l'erreur. D'où certainement cette compulsion à tout travestir.

Puisque c'est assez exceptionnel, nous pourrons saluer l'intervention de Bruno Donnet sur France Inter (lui-même pro-européen) sur ce spectacle uniforme qui s'est opéré dans les médias, qu'ils soient privés comme publics :