Source : Chroniques du Yéti

Hallucinante séance d’hallucination collective sur les médias au soir du premier tour des Départementales 2015. C’est dans les cris de dénégation des hypnotiseurs en folie que le Front national est bel et bien devenu le premier parti de France avec 25,24% des suffrages exprimés. Qui ne se souvient des cris d’effroi quand il dépassa la barre des 15% en 2011 ?

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Avec un aplomb relevant plus de la bêtise épaisse que de l’intelligence tortueuse, le Premier ministre socialiste tentait de sauver les apparences d’une déculottée de son camp en agglomérant aux résultats de son parti (13,3%) les voix de ceux qui s’étaient portées sur des listes “divers gauche”, précisément pour ne plus voter PS.

La droite n’était pas en reste se hissant au-dessus du FN par fusion autoritaire des résultats de TOUTES les listes allant de l”Union de la droite” au Modem du centre (29,4%), en oubliant que ce conglomérat de formations éparses était tout sauf un parti unique et vraiment unifié.

Les écologistes d’EELV ne savaient plus trop où ils étaient, partagés entre les isolés (2,03%) et les éparpillés un peu partout.

Enfin, les leaders du Front de gauche reprenaient exactement le même artifice que le Premier ministre en recollant à la diable les pièces d’un puzzle éclaté entre listes EELV/PG, PG/PCF ou plus majoritairement PCF/PCF, tout ça pour ne même pas accrocher le seuil pourtant bien médiocre des 10% (9,4% en grattant à l’os). Et qu’importe si une bonne partie des électeurs écologistes, ou même des sympathisants PG, n’auraient jamais voté pour des binômes comportant un candidat PCF (et vice-versa).

Mais à en croire les médiacrates déchaînés, il n’y avait finalement qu’un grand perdant au soir de cette farce parodique : l’abstention qui, avec 49,83%, avait fait « beaucoup moins que prévu » par les sondages.

Pouvait-on avoir démonstration plus désolante d’une représentation démocratique en miettes, avec une formation régressive d’extrême-droite prospérant tranquillement sur les ruines d’un paysage politique dévasté ? Au fait, qui a dit que le cerveau, cette chose grise dont les humains sont si fiers, servait généralement moins à raisonner qu’à trouver des excuses[1]  ?

Note

[1] Henri Laborit, 1914-1995, neurobiologiste et spécialiste des comportements humains. Auteur d'excellents ouvrages tels que Dieu ne joue pas aux dès, La nouvelle grille, Éloge de la fuite ...

 

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